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Catherine Mosimann, coordinatrice de parcours ; Pauline Rouyer, psychomotricienne ; Pauline Iggert, coordinatrice de parcours ;  Catherine Reitzer, coordinatrice de parcours et Linda Leduc directrice adjointe du Pôle Enfance
Comment le Pôle de compétences
et de prestations externalisées (PCPE)
considère le point de vue de la personne
lors de la construction de son parcours personnalisé ?

Le pôle de compétences et de prestations externalisées est un dispositif qui intervient auprès de jeunes de 6 à 25 ans, porteur de handicap qui n’ont aucune solution de prise en charge ou qui sont accueillis dans des structures inadaptées et dont la situation familiale est souvent complexe. Contactés par la MDPH, des écoles ou encore par des collègues, les professionnels (psychomotriciennes, psychologues et coordonnateurs de parcours) se rendent au domicile du jeune. Le rôle du PCPE est de débloquer des situations d’urgence en prenant comme point de départ les souhaits du jeune. « On n’arrive pas en tant que sachant. On vient dans un premier temps, de personne à personne, recueillir les détresses, les besoins des jeunes et de leur famille. » clarifie Linda Leduc, directrice adjointe du Pôle Enfance.

Une période d’observation d’environ deux mois, va permettre à l’équipe de mieux appréhender la situation pour ensuite établir avec la personne accompagnée, son projet personnalisé. C’est à la famille ou le jeune, s’il est majeur, de choisir d’y adhérer. « On ne vient pas avec un catalogue de prestations, on part du souhait de l’enfant ou de l’adulte.» indique Linda Leduc. L’accompagnement est vécu comme un nouveau souffle, les tensions s’abaissent et le jeune va construire un nouveau départ.

L’accompagnement dure un an, et peut être renouvelable si la situation a besoin d’être consolidée, ou si les relais avec le droit commun ne sont pas encore tout à fait pérennes. Cette volonté d’intervenir sur un temps court permet de construire une dynamique. « On ne veut pas créer de la dépendance. La personne s’adapte très bien et cela la responsabilise », explique Ingrid Verdy, psychologue.

Dans cette démarche, l’usager n’est plus « consommateur » d’un établissement, la participation doit venir de lui. Quelque soit sa demande, l’équipe du PCPE va tout mettre en œuvre pour que le jeune puisse réaliser ce qu’il désire. Cela peut être de l’ordre de l’orientation professionnelle, en effectuant un stage ou du bien-être. Par exemple, l’équipe a déjà fait appel à un sophrologue. Ce qui compte c’est l’épanouissement de la personne. Durant cet accompagnement, elle va se construire aux travers des expériences qu’elle va vivre mais aussi grâce aux informations qui lui seront apportées.

C’est le cas de Shaima, qui a d’abord voulu travailler dans l’onglerie. Le PCPE s’est renseigné sur les formations existantes et le financement, mais cela n’a pas marché. Ensuite, elle s’est intéressée à la coiffure, mais avec les informations qui lui ont été données, Shaima s’est rendue compte que cela ne lui plairait pas. Au final, Shaima se tourne vers le métier de boulanger. D’elle-même, elle s’est rendue à la mission locale pour demander une convention de stage. Elle a cru à son projet et à trouver toute seule deux stages, en épicerie-boulangerie. Aujourd’hui, le CFA Roosevelt, la prend en charge. Sans rien imposer, juste en l’accompagnant, Shaima a pu prendre son avenir en main.

Le PCPE est le défenseur de la parole de l’usager. Il redonne du sens à des situations chaotiques. Déjà 8 jeunes sont sortis du dispositif pour poursuivre eux-mêmes leur voie avec plus d’assurance et de sérénité.